samedi 12 mars 2011

La machine à remonter le temps



Vous vous souvenez quand on avait disparu (non pas cette fois-ci, celle d'avant), entre le 3 et le 12 février environ? Eh bien c'est de ça que je vais vous parler aujourd'hui. Il faut bien commencer par quelque chose quand on a eu une période avec peu de connexion qui a légèrement sapé ma motivation à redonner vie au blog...
Pendant cette période là, donc, nous avons fait route depuis Auckland vers l'extrémité Est de l'île du Nord, East Cape. Notre semaine à Auckland s'étant en grande partie résumée à des démarches visant à nous permettre de bien parcourir le pays, elle s'est achevée peu après l'achat du bolide qui fait notre fierté, une Mitsubishi Chariot 1995 bleue. Nous avons pris la route vers l'est, guidés par la vague image d'un « backpackers », une maison en bois construite directement sur la mer. J'avoue que j'étais assez attirée par l'idée de nous laisser guider par ce petit poster que nous avions vu à Auckland. Et ce d'autant plus que la région en question est à l'écart des circuits touristiques et a une forte population maorie.
Nous avons donc pris la route pour faire une première étape à Tauranga, important port commercial et petite station balnéaire. Nous y avons seulement passé la nuit, avant de nous diriger à Mount Maunganui, à quelques kilomètres de là. Las, le mont qui a donné son nom à la sympathique bourgade balnéaire, dont nous pensions faire l'ascension, était entièrement fermé au public. Il faut dire que la tempête Wilma, qui sévissait lorsque nous sommes arrivés en Nouvelle Zélande, a provoqué une bonne centaine de glissements de terrain sur le seul Mount Maunganui... Nous nous sommes donc contentés d'une promenade sur une micro-île voisine et d'un coup d'oeil à la compétition de « surf life-savers » junior qui avait lieu sur la plage proche. Pour clore cette rude matinée, un petit tours aux piscines d'eau de mer chaude... c'était par-fait!
Ensuite, en route pour Opotiki, qui marque la limite entre la région de Bay of Plenty, où nous étions, et d'East Cape. Nous sommes restés deux nuits dans une auberge sympa tenue par un couple d'Allemands. L'ambiance était vraiment décontractée et la maison en bois local (kauri) très belle, presque autant que le jardin. Opotiki était la première ville sur notre parcours à être autant marquée par la culture maorie: sculptures en bois dans les lieux publics, marae (lieux de rencontre des communautés maories)... C'est une ville qui a été au coeur de la résistance des tribus locales aux Européens au XIXème siècle. On s'y croirait un peu dans un western, avec de larges rues bordées de bâtiments à un étage, presque entièrement vides. Nous y avons fait une belle promenade dans un domaine planté d'espèces endémiques et avons passé un moment de pur bonheur à la plage. Bon, la plage c'est toujours sympa. Mais n'avoir aucun voisin de serviette à moins de 150 mètres, personne pour nous entendre hurler de bonheur dans les vagues, c'est très très grisant!




Nous avons ensuite poursuivi notre route vers notre « vision », le Maraehako Bay Retreat, le fameux backpackers sur la plage. Nous avions réservé deux nuits, qui sont devenues trois, auxquelles se sont ajoutées trois autres nuits passées en travail-contre-hébergement. L'endroit est tenu par une famille maorie, dont nous avons du coup partagé le quotidien pendant quelques jours. Coup de bol, le fils ainé était là en vacances pour quelques jours... nous avons donc profité des festins prévus pour l'occasion.
Nous avons travaillé assez dur, 5 heures par jour à faire du ménage (toutes les vitres de l'endroit + brossage en règle de rideaux de douche pour ma part), du jardinage (pour nous deux) et des tâches de mââââle pour François (creuser une tranchée d'évacuation sous la pluie, porter des bûches énoooormes, etc.) Mais nos efforts étaient récompensés à chaque repas par des langoustes, du gibier, un barbecue, etc. C'était excellent. Nous savions déjà que nous avions beaucoup de chance, mais quand nous avons vu le prix de certains de ces produits plus tard dans nos aventures. Il faut dire que la famille chez qui nous étions avait gardé la tradition de s'approvisionner dans la nature.
C'est ainsi que nous avons accompagné Pihi, le propriétaire des lieux, relever ses casiers à crayfish (assez proche de la langouste, ça se vend à prix d'or dans les stations balnéaires) et qu'il nous a emmené pêcher le paua avec masques et tuba. La paua, c'est un peu le (gros) coquillage iconique de la Nouvelle Zélande. Sa coquille irisée décore beaucoup d'objets et de souvenirs. Et les Maoris raffolent de sa viande (oui, on peut dire viande, vu que ça fait la taille d'un petit steak haché) qui demande une préparation experte à laquelle nous avons pu participer sur les rochers de la petite crique où nous vivions. En tout cas, nous avons beaucoup aimé, mais nos expériences plus récentes avec le paua nous ont confirmé que la préparation doit vraiment être réussie... Nous avons aussi eu droit, au coin du feu (rien de tel pour admirer les nuits étoilées) aux nombreux récits de chasse du plus jeune fils qui chasse le cochon sauvage sans arme à feu. Pensez-vous, un couteau et des chiens, ça suffit!


En un mot, notre séjour dans cette famille a été un sacré coup de bol et une sacrée découverte de la vie rurale, du sens de la famille et de l'hospitalité des Maoris... et des spécialités locales!

Julia

2 commentaires:

  1. coucou Juju ! c'est quoi "backpackers" ?

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  2. Ohlala Valérie, j'avais soigneusement répondu il y a plusieurs jours, mais je constate que ça n'a pas été enregistré!!!
    En tout cas, je te disais que, littéralement, le mot "backpacker" désigne les gens qui voyagent avec leur sac à dos, des routards, quoi. Un backpacker's, c'est un hébergement destiné à ces personnes, donc pas très cher. L'équivalent français, ce serait l'auberge de jeunesse. Ici, c'est souvent de très bon niveau, bien cosy, dans une maison convertie, avec des dortoirs mais aussi des chambres doubles avec la salle de bains partagée. Il y a aussi souvent une grande cuisine commune, un ou des salons, parfois un jardin avec barbecue... Bref, pour une somme assez faible en euros, tu es un peu comme à la maison en voyageant en Nouvelle Zélande!
    Bisous!

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